Le nucléaire français, pilier de la sécurité européenne ?

Longtemps cantonnée à une doctrine strictement nationale, la dissuasion nucléaire française s’inscrit aujourd’hui dans un débat européen inédit. Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, les tensions persistantes au Moyen-Orient et les incertitudes sur l’engagement américain, plusieurs États européens regardent désormais vers Paris. Avec près de 290 ogives nucléaires, 4 sous-marins lanceurs d’engins (un cinquième, « l’Invincible », étant prévu pour 2036) et un budget annuel d’environ 7 milliards d’euros, la France s’inscrit comme une alternative crédible face à l’imprévisibilité stratégique associés à Donald Trump.
L’idée d’un « parapluie nucléaire européen » ne signifie pas un partage de la décision nucléaire, qui resterait souveraine, mais plutôt une garantie politique et stratégique renforcée pour les partenaires européens. Dans un discours donné aujourd’hui depuis la base de l’île Longue, à Brest, Emmanuel Macron a annoncé la « mise en place progressive d’une dissuasion avancée », d’ores et déjà acceptée par 8 pays européens (Allemagne, Belgique, Danemark, Grèce, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Suède). Les alliés européens auront désormais la possibilité « de participer aux exercices de la dissuasion » nucléaire française.



