Nigeria : l’État à l’épreuve des forces centrifuges

Mardi 3 février, des hommes armés ont attaqué Woro, petit village de l’État de Kwara, faisant 162 victimes. Ce massacre est la dernière expression de la crise nigériane qui ne saurait être réduite à la menace Boko Haram.
Première puissance pétrolière d’Afrique, le Nigeria fait face à une crise sécuritaire multiforme. Ndambi Obasi, chercheur à l’International Crisis Group, souligne, dans un entretien accordé au Monde, « le recul d’un État incapable d’exercer son mandat de monopole de la violence ». Le pays est en proie à des vagues de criminalité perpétrées par des bandes armées appelées « bandits », et des groupes djihadistes présents dans le nord-ouest et en expansion vers le sud.
L’insécurité au Nigeria est devenue un sujet d’intérêt pour les États-Unis. Donald Trump reprend la rhétorique de la droite religieuse américaine, affirmant que les chrétiens nigérians sont « persécutés », alors que les violences touchent indistinctement chrétiens et musulmans. Depuis les frappes américaines dans l’État de Sokoto (décembre 2025), la coopération militaire s’est intensifiée entre les deux pays, signe que l’instabilité locale est devenue un enjeu stratégique global.



